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samedi 28 mars 2009

25/03=>26/03 – Une nuit de King à Hong Kong.

25/03=>26/03 – Une nuit de King à Hong Kong.
Après une courtoise discussion avec des Hollandais volants (Ho Ho) dans l'avion, l'arrivée à Hong Kong, ex-cité sous régence britannique rattachée depuis 95 à la Chine, est particulière : l'étape la plus rapide du TDM ! Tiens, je suis allé en Chine, alors ? Ce n'est pas l'image que j'en aie...
Premiers pas dans l'aéroport, la batterie du Chétif Computer est décédée, pas moyen de faire fonctionner l'adaptateur, ni de me connecter à l'aéroport. Fichtre, cela fait 5 jours que je n'ai pas donné de nouvelles... J'ai 8h devant moi pour ne pas trouver le sommeil, MSN-er, publier puis découvrir cette cité et ses mythiques gratte-ciel. Fort touchante avec son parfait accent, une gentille hôtesse m'établit un programme à la fois nocturne et matinal. Direction Hong Kong City puis les quais. Commençant par regarder les taux de change, j'apprends que 1 euro = 10 dollars Hong Kongais (monnaie toujours en cours, ici ; le yen, ils n'en veulent pas) mais le coût de la vie, je l'ignore. On verra, let's go !!
Dès le métro, une autre dimension m'éclabousse l'iris par rapport à Bali : technologie et argent changent la donne.
A la sortie de la station, le premier gratte-ciel me tend ses fenêtres, puis la ville lumineuse se déploie devant moi avec son lot de géants bétonnés. Direction le quai numéro 7, afin d'atteindre Kowloon en face et son quartier night, Tsim Sha Tsui. 2h max, après finis les transports en commun. La "plus vraiment crédible" Marion m'a menti, il fait froid...
Peu de photos possibles sur le chaloupant ferry... Moi aussi je passe le bac, Bianca, mais dans la baie de Hong Kong, il est très (é)mouvant.
10 pm, la ville est très animée et les taxis rouges roulent à gauche. A tout hasard numérique, j'arpente la rue principale et ses commerces d'électronique « made in Hong Kong », histoire de savoir si je m'offre un nouvel appareil photo. Ou pas. Ce sera « pas ». D'une part, les prix ne sont pas indiqués, d'autre part, une fois demandés, ils n'ont rien d'exceptionnellement attractifs. Houla, stoooop : avant toute chose, trouver un Internet et donner de mes niouses. Mère va me licencier... MSN. Titi en ligne. Lolo et sa petite famille sont les premiers à montrer leurs faces blanches et virtuelles. Caaaalice, il a grandi le filleul...
Jemeleu sera le suivant mais pas longtemps, car Môman et Papounet pointent leur nez sur un ton exigeant une réponse immédiate. Cela fait tout drôle de voir défiler ma famille en images...
Vous le croirez ? Ma chère mère inquiète a appelé l'Ambassade de France d'Indonésie ce matin pour signaler ma disparition et débuter les recherches...
Savon, donc, mais tout le monde va bien. Publication frustrante du blog ensuite car impossible d'afficher les accents... Grrrr. Je corrigerai plus tard.Une fois tout fini, je sors, il est 1.30 am. Si mouvante à mon arrivée, la ville s'est éteinte pendant mon devoir de mémoire. Il ne reste de l'animation colorée que les glauques similarités des autres grandes métropoles. Diverses propositions entre marijuana, cocaïne, massage avec sex,..., me sont faites. Comme d'hab', somme toute.
Pour ma part, ce sera une salade chicken et une bouteille d'eau. Ayant loupé les derniers bac (oui, j'ai été recalé) et métro, je tente de retourner à Hong Kong City. Après une bonne heure de quêtes diverses, des chauffeurs de bus peu causants mais sympas me déposent en deux temps à destination.
Vidée de son énergie, la colossale cité conserve un charme esthétique certain. Au gré d'une longue marche à travers Queens Road et Hollywood Road, Yaaman et moi posons sur le chemin de Peak tram, le tramway qui permet de dominer visuellement la ville. Évitant les jeunes défoncé(e)s à la sortie de bars privés et la police suspicieuse (sans pitié avec les faciès asiatiques), je déambule jusqu'à la gare du tram mais n'ai pas le temps d'attendre son ouverture tardive. Commençant alors à sentir la fatigue (il est 5.30 am), je regagne l'immense aéroport, alors que la vie se réanime en retrouvant ses couleurs diurnes. Rien à voir, mais pour l'anecdote de départ (sûrement incomprise), le Hollandais Volant correspond au vrai nom du navire commandé par le capitaine Morgan, pirate sanguinaire disparu mystérieusement avec son trésor, depuis son bateau est plus connu sous le nom du « vaisseau fantôme »... Un chocolat, des cookies, envol. Disparaissant dans les nuages, Hong Kong, sans doute belle de jour car vallonnée, me laisse en catalepsie...

vendredi 27 mars 2009

23-24/03- Bali, la fin des aventures de Titi sans le chien mais avec Marion


23-24/03- Bali, la fin des aventures de Titi sans le chien mais avec Marion
23/03 – After Monkey Forest, aquatic valse under the stars...
Réveil dans le bungalow luxueux de Sanur. Luxe apparent seulement, cette partie de l'hôtel doit dater des seventies. Tout ce qui sort des années 70 n'est pas forcément décrépi (Bon anniversaire Olivier), mais peut parfois montrer des signes de fatigue, comme la poignée (a priori non amovible) de la fenêtre qui me reste dans les mains. Petit tour du propriétaire après le breakfast devant la mer, les surfeurs et, plus surprenant, un pêcheur à casque. Hostile la nature ?... Avec ses dalles (aux feuilles de palmier imprimées), ses nombreuses piscines, son bar creusé dans l'une d'elles, ses escaliers sculptés et ses vieilles en maillot de bain. la partie penthouse récente en jette ; la biznessgirl Marion propose de racheter l'hôtel, mais nous avons d'autres temples à fouetter, today. Tenant à participer davantage à l'aventure automobile, Madame se proclame copilote et suggère de prendre tout droit, là où je subodore à droite... Résultat positif, bien sûr : les filles dépourvus de sens de l'orientation trouvent toujours une autre source d'intérêt, notamment le magnifique temple à l'entrée de... Denpasar, que nous souhaitions éviter. De fait, nous nous trouvons à nouveau dans les cérémonies embouteilleuses, mais moins longtemps. Sans pitié, je licencie néanmoins le copilote.
Reste à trouver le mythique village de Ubud, entre les carrefours qui l'indiquent et ceux où il faut improviser... Finalement, le village des artistes nous ouvre ses artères, sans se suicider, à 2.30 pm.
Plus tard que prévu mais assez tôt pour :
- manger un excellent thon grillé – délicieux au point que ma comparse pique dans mon assiette, bien que je l'hausse (le ton),
- discuter de l'intérêt d'acheter un petit Ganèche en pierre (le dieu éléphant) ; Marion explique que le sien a viré dépressif au milieu de ses autres objets et qu'elle a dû l'évacuer dans le grenier... Et la marmotte, elle met le papier où ?
- nous balader dans ce typique village d'artistes où les commerces de peinture, musique, masques, sculptures,..., foisonnent,
- réserver un hôtel où je prends sur moi. Vous verrez sur les photos... Sourire éclatant après avoir vu la salle de bains, désireuse d'aider l'économie de ce pays, Marion cache à peine sa plus qu'envie de squatter la place. Difficile alors de négocier le prix (qui passe tout de même de 500 000 à 350 000 roupies balinais, soit 23 euros, petit dej inclus, pour ce VRAI hôtel classe avec piscine à débordement, vue sur la rizière et chambre idéale avec terrasse. Moi, je râle (normal) car ces habitudes de luxe dénaturent mon voyage. Déjà que les couchsurfeurs balinais qui m'avaient répondu au départ sont devenus silencieux...
Charmés par l'atmosphère du village, l'idée nous traverse de prolonger le séjour en appelant le pote de Putu pour déplacer la date du retour de la voiture. Sans succès. La formule anglaise que je lui propose au cas où, instinctivement, fait bien marrer mon ex-copilote qui est bilingue...
Notre avenir proche assuré, nous nous rendons à la spectaculaire et photogénique Monkey Forest. Prudemment, je ne mets pas de casquette - j'en ai plus ! (oui, la myope Marion a dû supporter ma « chevelure » au vent, c'est dire si elle tient à moi....). Très forts pour éplucher des bananes, les macaques non amicaux. Errer au cœur des petits temples moussus de ce coin de forêt presque vierge nous inspire assez vite pour des poses souvenirs, différentes de nos voisins en shorts. Ensuite, nous nous égarons pour rentrer à l'hôtel. C'est grand Ubud, finalement. On a le plan mais, sans identifier les rues, c'est pas simple... La pause ATM n'aide pas la distraite Marion à se rappeler de son code de carte australienne. Bon, on va faire la manche chez les artistes.
Retour dans le luxe. Et meeeerde, il faut nager dans la bruyante piscine déserte en se protégeant des appareils qui aspirent (j'ai failli perdre mon maillot), puis concours d'apnée avec la Jacques-Mayolesque Marion. Au cours de cette baignade prolongée, une mémorable valse improvisée où chacun portera l'autre sous les étoiles. A 9 pm, nous quittons la swimming-pool et profitons de la baignoire (avec eau chaude !) pour un nouveau bain... moussant, proche des toilettes modernes à la notice auto-nettoyante.
Débat : journal écrit ou blog virtuel ? Aux toilettes aussi, le support papier peut encore montrer son utilité, quand la technique défaille. Au t(h)erme du bain, nous discutons longuement sur la terrasse, puis nous préparons, genre tenue de soirée améliorée, à nous rendre au show dansant de Ubud, sous fond musical habituel. Faudrait que je publie la play-list des chansons les plus écoutées de ce TDM, tiens...
Snobbant les premiers restos ouverts, nous oublions l'heure (11.30 pm). Or, à Ubud, en milieu de semaine, à 11pm, tout est fermé. Bilan, pas de danses balinaises à l'Ubud Palace (pas vraiment proche et déjà fermé ), le couple frenchy finit dans un boui-boui ignoble pour se restaurer. En tenue de soirée tout de même, contrastant avec les haillons loqueteux des locaux. Ensuite, tant qu'à avoir emprunté leur nom le temps de la nuit d'hôtel à Padang Padang, ça me faisait rire, nous tournons un petit film avec Patrick B. et Virginie L. Je sais que vous en raffolez vu que la vidéo « Merci Sophie » a été visionnées 44 fois... Pourtant, elle n'était destinée qu'à une personne. Vous êtes beaucoup de Sophie ??
« On se fait une nuit blanche « ? m'invite la provocatrice Marion avant de sombrer dans les bras d'un certain Morphée à qui je vais péter la tête.

24/03 – J'adore qu'un plan vaporeux se déroule sans accroc..
Chiotte ! Encore un réveil dans le luxe et la chaleur... Et tout ce bruit : les oiseaux chantent au-dessus de la rizière vaporeuse, une colocataire de l'hôtel propulse bruyamment de l'eau en dehors de la swimming-pool et «suis-je encore à Sydney ? » m'inquiète-je-vivement en voyant l'australienne donzelle bondissante gesticuler, i-pod aux oreilles, sur la terrasse...
Franchement, se réveiller par 25° dans un hôtel de luxe avec une belle brune, le soleil, les rizières et la piscine à Bali, un 24/03, cette journée démarre vraiment très mal. Si on m'avait dit ça, l'année dernière...
Après le breakfast matinal et le stretching à la Suzy, nous approfondissons la visite de la ville de jour et faisons un peu de shopping. Oui, j'ai fait du shopping. N'importe quoi ce voyage... Aperçue la veille, la robe bleue de l'élégante Marion gît dans une boutique originale, où est enseigné un cours de musique sur un « gong kebyan » (sorte de xylophone géant en bambous), agrémentée de masques et de costumes, d'un poulet en devanture, ainsi que d'une enfant et de sa tante pour sourire du tout.
« Une robe, c'est un cadeau d'anniversaire potentiel ? », me subodore-je avant de l'offrir à la bientôt vieille Marion. Puis, descente vers les beaux quartiers du sud et le resto d'hier, ma fiévreuse compagne a si chaud qu'elle couvre la vapeur des rizières. Serait-ce le plat du boui-boui d'hier ? « Dans 2h, on saura si on est malades... ». En accord avec nos papilles philosophes, le même plat-thon que la veille vient orner nos assiettes mais côté rizière cette fois. Je continue à prendre sur moi... Quelques achats marchandés pour le fun (cartes, souvenirs en bois,...) et re-shopping. En même temps, 28 euros, les 3 t-shirt et la chemisette, ça le fait...
Départ pour Besakih, situé au centre Nord-est de Bali. 1h15 de route à l'aller, 2h pour revenir à Kuta... Peu importe, le copilote licencié progresse et le driver est de plus en plus à l'aise avec la conduite sportive et autochtone.
Magnifique et typique, la route occasionne des pauses « vapeurs sur la jungle » aux couleurs d'un vert chatoyant.

Tout fiers, nous gérons le chrono et arrivons exactement à l'heure prévue SANS passer par Denpasar... A l'aise, je conduis d'une main, l'autre sur la boite de vitesse à gauche. Par réflexe européen, j'ai passé 2 jours à me taper la porte en la cherchant à droite... Riez pas, essayez ! Piège à touristes méritoire, le temple de Besakih fut pourtant construit environ 2000 ans avant le tourisme. Composé de plusieurs plateaux et de 23 groupements de temples différents, il s'impose depuis le 8ème siècle comme un des lieux les plus représentatifs de la pratique religieuse balinaise. En revanche, il faut se méfier des faux guides qui cherchent eux-aussi à s'imposer... Limite menaçants d'après le lonely planet, mais vite expédiés par la tranchante Marion. Marraine l'a indiqué, nous sommes dans un mois spécial de fêtes, toutes les statues sont donc décorées et costumées en rouge, jaune, noir, gris... Très contents de ce choix, malgré la distance parcourue, nous sommes scotchés. Beau et vide durant notre visite : Besakih nous aspire. Problem is not people today... Sans sarong, nous ne pouvons entrer partout, mais les vues proposées sont somptueuses. Seul point négatif, les deux batteries d'appareils photos tombent simultanément en panne. Pô grave, on fera travailler d'autant plus les mémoires. Trajet retour idéalement exécuté, sans problème malgré les phares tantôt allumés, tantôt non, des motorbikes voisines, dans le bon sens, ou pas. Content de voir se terminer sans accident ce périple, j'en chante dans la voiture. « Laissons le coq chanter !» s'autorise la trop poilante Marion. « .. et les poules mouiller » conclue-je avec une finesse démesurée... 7.30 pm : Kuta... et le sourire de Putu, obligé avant de quitter Bali. Au Bamboo Inn, nous atterrissons dans ma chambre des premiers jours, puis partons sapés au resto à satay, déguster les plats locaux et faire le débriefing du séjour commun. Très positif, non seulement on ne se prend pas la tête, mais en plus, nous avons vu beaucoup de choses sans nous priver ni nous imposer un rythme de fous...

25/03 - Décollage pour le Vietnam via Hong Kong.
Dernière nuit à rallonge à Kuta : crevés par notre petit périple balinais, nous ne cesserons de nous réveiller et nous rendormir dans le calme zen de l'hôtel. Pendant le petit déj, je tente de mieux connaître, malgré son accent très particulier, le gentil Putu, à qui la colombesque Marion pense qu'il est arrivé quelque chose dans sa life.
Agé de 49 ans, le gérant de l'hôtel s'investit quotidiennement dans l'étude de la spiritualité mais avoue s'ennuyer parfois. Intéressant mais seul, il a renoncé à fréquenter les femmes depuis 23 ans ; ce qui ne le dérange pas : le sexe est une forme d'animalité, de son point de vue.
Je lui réponds aimer être un animal parfois.
Ensuite, il m'explique les forces de l'équilibre dans la trinité des éléments et celles du corps humain et certaines choses à trouver au fond de moi. J'avoue ne pas avoir tout compris... Sa réflexion sur les écritures a particulièrement éveillé mon attention : En Occident, on écrit de gauche à droite ; dans les pays du Maghreb, de droite à gauche ; en Chine, de haut en bas. Pour lui, ces différentes formes d'écriture partagent et révèlent le corps humain et sa lecture.
Si tu as tout compris, blog interactif obligatoire...
Les derniers instants devaient être consacrés à l'indispensable achat d'une casquette (affaire conclue rapidement) et la connexion sur Internet pour rappeler que je suis vivant, mais pas eu le temps, l'aéroport étant vaguement prioritaire.
Dans la file d'attente, entendre parler des Français inintéressants inquiète la pleine-d'incertitudes Marion. On verra, le vrai truc planifié est à venir, l'Indonésie était une improvisation... Décollage pour Hong Kong, pas de voisin, blog et dodo.

PS : Je sais, il y a comme un décalage chronologique, suis dans le Mekong, puis Phu Quoc et Hanoi au Vietnam. L’aventure continue... Dans 2 jours, on sera en direct, j’espère. Ça va vous ??

mercredi 25 mars 2009

21-22/03 : Le Tour de Bali-Verne (comme Jules), en 80 heures... Phase 1.

21-22/03 : Le Tour de Bali-Verne (comme Jules), en 80 heures... Phase 1.
Désolé pour les fidèles, entre connexion internet limitée et manque de temps pour rédiger, j'ai de nouveau disparu de vos écrans plusieurs jours... mais j'en ai profité à bloc. Deux bonnes raisons à cela : la visite des principaux sites de Bali à voir et l'arrivée impromptue de la pétillante Marion comme accompagnatrice de charme à ce périple...
Petit bilan de 4 jours animés, rythmés, inoubliables...
PS : mon dos va mieux, merci...21/03 – Casquette Maudite...
Après les émouvantes retrouvailles Marionnettes, la petite balade dans Kuta fut sans grand intérêt hier soir. Devant le double breakfast qui nous attend, le challenge du jour consiste maintenant à optimiser les 4 jours et demi restant pour visiter l'île à 2.
Première étape, se trouver un moyen de transports, aidé pour cela de mon International Driving Licence, conseillée par Burno et Marie-Line.
Dans le Bamboo Inn Hôtel, le plus qu'aimable Putu («yaaa, yaaa») nous avise un de ses amis, qui après étude comparative des prix concurrents et une âpre négociation, s'avère parfaitement attractif : pour les 4 jours, nous obtenons une spacieuse 4 places Mitsubishi climatisée pour 500000 roupies (moins de 35 euros), c'est-à-dire le prix d'une Jeep pour deux mais il n'en a plus. Petit débat sur l'assurance non included mais, après tout, j'en ai souscrit une en France afin de parer cette éventualité.
Reste à la manœuvrer sans accident...
Ensuite, destination Bukit, la presqu'île au sud et ses incontournables : le village de pêcheurs de Jimbaran, le temple d'Ulu Watu et la paradisiaque côte de Dreamland... en 24h. Il est 1.30 pm. C'est parti...Impossible de qualifier la quantité de frissons qui ont parcouru ma culotte et celle (plus jolie) de ma copilote, durant ce premier jour de conduite insensée, à réapprendre le B.a.ba du driver. A la fois, j'en avais envie depuis l'Australie, à la fois, j'en craignais, avec raison, les impondérables.
Un peu d'imagination narrative s'impose pour illustrer 4 jours de Blair Witch au volant.
La règle, c'est qu'il n'y a pas de règles ou presque pas. Si les voitures se maintiennent plus ou moins dans leur file (les bandes blanches sont décoratives), les très nombreux deux-roues roulent sur les voies uniques dans les deux sens, avec ou sans casque, avec ou sans lumière et des deux côtés. Les rares panneaux indiquant la direction, parfois après les croisements, sont cachés dans les arbres et il s'agit de les remarquer tout en évitant véhicules, humains, commerces, animaux, etc, stationnant au bord des étroites routes. Enfin, nous sommes en pleine période de cérémonies... Ne JAMAIS passer par Denpasar pendant les cérémonies.Globalement, il nous arrive plusieurs fois de nous retrouver dans un embouteillage monstre, avec des deux-roues qui collent au cul (tu piles, tu te les prends), d'autres à nous dépasser dans des espaces grands comme des assiettes éthiopiennes, évitant, de 3 cm à gauche, les voitures mal garées et, de 2 cm à droite, les scooters roulant à contre-sens, tout en cherchant notre chemin (ignorant parfois la ville sans indication dans laquelle on circule)...
Habituellement, je ne râle pas au volant, mais là, je deviens fou, envisageant ces 4 jours de conduite comme un énorme génocide indonésien... Bref, Réflexe Land sans filet, « tendu comme un string 34 sur le cul d'un éléphant obèse... ». Malgré le Lonely Planet (incomplet sur ce sujet), notre premier jour est, fort heureusement, consacré au trajet le moins encombré vers le sud et à l'apprentissage hasardeux des non-indications..
Etape 2 : ayant conservé quelques relations avec Accor, Marion peut bénéficier de tarifs ultra lights au Sofitel. Enfin, elle le croyait... mais il faut un code et une inscription préalable sur Internet. Tant pis, je la garde quand même. Devenant potes avec les gardiens (qui nous croient clients) de cet hôtel de bourges où nous stationnons, nous allons manger à la moche plage voisine.Puis, l'heure avançant, nous poursuivons la descente vers Ulu Watu ; nous verrons pour l'hôtel plus tard. Nouveau plantage de route, nous finissons près du temple Puta Segara, qui chante moins qu'Hélène mais enchante bien.Situé en dehors des itinéraires touristiques, entre jungle épaisse et vaches à cloche, ce temple est bordé d'abruptes falaises, sur lesquelles d'énormes vagues sans surfeurs viennent se fracasser bruyamment. Apparemment seuls les autochtones (surpris de notre arrivée) connaissent l'endroit.Réponse 14 ? Décidés à profiter d'une beach enfin non-polluée, notre fine équipe entreprend la descente et découvre des grottes désertes au bord d'une mer réellement agitée et écourtant la baignade. Malgré la certitude que le fidèle Putu préparerait quotidiennement des offrandes à nos statues en hommage posthume, conformément aux mœurs balinaises, nous ne tenons pas à finir broyés dans les puissants courants...Ensuite, tant qu'à créer du passé, autant ne pas faire semblant, Yaaman sera le seul à conserver ses vêtements sur ce site idyllique... Oui, il est comme ça.
Après quelques photos publicitaires pour vanter Bali, nous reprenons la route vers le Pura Ulu Watu, où nous arrivons pile poil pour le sunset.Fort joli, ce premier temple répond à nos attentes.
Dominant la pointe sud de l'île, il est visible de son homologue de la côte ouest, symbole de l'aspect mystique de Bali, enclave animiste et hindouiste.
Comme d'hab', problem is people...
Curiosité locale, les nombreux macaques chapardent tout ce qu'ils peuvent. Une nouvelle fois, ma casquette disparaît, happée par un de ces couillons-de-crétins-de-singes-que-je-vais-buter-s'il-ne-me-la-rend-pas.Réellement vénère, je ne la récupère, légèrement abîmée, qu'avec l'aide d'un guide balinais en quête de pourboire (Grrrr...), en me demandant si elle ne cherche pas à m'abandonner. Cela fait beaucoup en peu de jours. Comment je gère ma touffe sans elle, moi ? La réponse arrive rapidement : je la perds définitivement sur le trajet du retour à la voiture, mais ne m'en aperçois qu'à l'arrivée au Padang Padang Inn, seul hôtel au nom sympathique trouvé sur le guide et la route.
22/03 : Tanah lot me tanna a lot...
Au sortir de l'hôtel, nous tentons de prendre un petit déj dans le resto voisin. Sans raison autre qu'un sale caractère affiché, les serveuses ne répondent pas à notre « hello ». Ok, on se casse. Et c'est tant mieux : à proximité, le Hot Spot café propose une serveuse souriante, de big breakfasts complets et Internet, où des résas s'imposent rapidement et où les commentaires du blog m'amusent. Ce sera la dernière fois que je verrais Internet en Indonésie et sans trop de temps pour m'exprimer, je ne donne aucune news...
Passage amusant : au cours de nos discussions sans tabou, nous réalisons que nos voisins proches sont Français... et n'osent plus rien dire !
Assez rapidement, nous reprenons la route vers le Nord pour rallier le temple opposé, magnifique sur les photos, de Tanah Lot. A priori, on a large le temps.
Mouais.
A priori seulement : à Denpasar, non seulement l'orientation est un concept de la quatrième dimension mais, en plus, avec les cérémonies où 12 millions d'indonésiens vêtus de blanc portent d'incroyables et colorés totems, la circulation est un jeu vidéo en grandeur nature, plus ou moins compromise par des flics assermentés qui me font tourner en bourrique assez remontée...
2h de voiture où je prétends être Japonese : râlant de ne jamais voir de panneaux indicatifs et de la « conduite » indonésienne. J'élude ainsi la régulière question de la très drôle Marion : "de quelle nationalité française êtes-vous ?"... Aucune métaphore.Une nouvelle fois, « problem is people » et ses conséquences : des km de magasins-pièges à touristes, des « Yaaaaa, Haveuh Louque » tous les 15 m.
Dès notre arrivée tardive, l'eau prend une couleur rouge, le soleil se couche déjà... mais nous transformons cette contrainte en opportunité : les touristes multilingues partent plus vite.Certes, le temple est magnifique, les pictures « carte postale » le prouvent, mais nous apprenons ensuite qu'il a été acheté et entièrement remis à neuf par de l'argent japonais ou chinois ; 90% du décor en pierre est faux...
Passons, et savourons juste les images.
Après avoir résisté aux diverses tentatives pour nous faire asseoir, nous finissons par céder et posons (avec) nos fesses face au temple et son sunset mémorable.
Ensuite, il faut négocier un hôtel, il est 9.30 pm, tout est clos.
Proposition : pour éviter Denpasar à nouveau demain matin, on file sur Sanur. La princesse est fatiguée mais se fie au preux chevalier, d'autant qu'il a les clés du destrier...
Après 1h30 de trajet incertain, coup de bol, on trouve par hasard une rue menant à Sanur, enfin, c'est ce que nous croyons, 100 m après, la mer nous tend son écume dans une impasse. « Et si nous tentions l'hôtel là ? » risque-je en voyant l'entrée de l'Akits Beach Bungalows et évitant de tourner en rond trop longtemps... Bingo et finis les bouis bouis !Intégré dans un complexe avec piscine, jacuzzi, crapauds et vieux déjà couchés, notre bungalow sent le luxe des années 70, face à la mer... pour 24 euros la nuit, petit déj inclus. Pas chère l'Indonésie...
Surtout que ma carte bleue ne marche plus très bien, je deviens donc un gigolo entretenu.
Cela dit, manger seuls sur une super terrasse en attendant les bruits des vagues et en devinant que les immenses araignées à 50 m sont en réalité des pirogues de pêcheurs est un bon cachet pour les souvenirs. Un vrai bonheur.
Fracassant le banc sur lequel je m'étais allongé pour admirer les étoiles, ma petite camarade est bien contente de trouver un vrai lit (au pied cassé) et une salle de bains (sans eau chaude). « Ça casse tout, j'ai vraiment cru que tu savais ce que tu faisais là !!! ». Ben oui, dis que c'est moi... Ha, les méfaits du rosé.
De plus, une vieille légende dit qu’un couple qui se présente à Tanah Lot avant le mariage a toutes les chances de finir séparés comme les temples. Sympa, non ??
Demain, nous attaquons Ubud.